Les pensées sont libres | Die Gedanken sind frei

#JeSuisCharlie

Mercredi 7 janvier 2015, à 11h, une fusillade a éclaté dans les locaux du journal satirique Charlie Hebdo faisant douze morts et cinq blessés graves. Les dessinateurs Charb, Cabu, Wolinski, Tignous et Honoré, l’économiste Bernard Maris, le brigadier Franck Brinsolaro, l’agent de police Ahmed Merabet, ainsi que Mustapha Ourrad, Elsa Cayat, Michel Renaud et Frédéric Boisseau ont été tués.
Certes, nous ne connaissions pas personnellement les victimes. Leur mort ne nous attriste pas comme nous attristerait la mort de proches. Mais le fait qu’on ait osé tirer sur des gens parce qu’ils publiaient des choses qui déplaisaient à certains ; que cela se passe dans notre pays et contre un journal, alors que le journalisme est une institution défendue en France depuis plus de deux siècles, cela nous endeuille et nous révolte.

Dimanche 11 janvier, il y aura un grand rassemblement de soutien, de colère, de protestation, d’hommage et d’union nationale. Nous, nous serons au travail. Nous ferons le premier filage de La Guerre ne sera pas longue – Die Gefallenen. Alors que des hommages seront rendus aux victimes de la barbarie, le fondateur de l’Humanité sera assassiné dans une salle de l’ENS. Un peu plus d’une heure après, un journaliste se verra contraint de se faire l’écho d’une propagande qu’il réprouve. Comme vient de nous le prouver le tragique attentat de mercredi, les menaces pour la liberté d’expression et de création sont toujours présentes, il y a 100 ans comme aujourd’hui.

Pour nous, cet attentat est très grave. Parce que c’est une attaque à la liberté de création. Et la liberté de création, comme la liberté de pensée, est un des droits les plus fondamentaux d’un être humain.

Les fanatiques essaient de régner par la terreur. Ne nous laissons pas intimider, car la peur est le fer le plus robuste pour soumettre les peuples. Nous sommes nées avec cette liberté de penser, de rire et de crier. Nous ne laisserons pas les extrémistes, de quelque bord qu’ils soient, nous empêcher de vivre avec une conscience libre.
Nous nous associons aux hommages rendus aux victimes de la barbarie, et parce que la plus grande erreur serait de s’arrêter de créer après un tel évènement, nous allons faire notre filage comme prévu.

Faisons de ce filage – et aussi des représentations – un acte de résistance contre les tentatives d’intimidation.

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#JeSuisCharlie

Mittwoch, 7. Januar 2015, 11h. Eine Schießerei in der Redaktion der Satirezeitung Charlie Hebdo fordert 12 Tote und 5 Schwerverletzte. Die Zeichner Charb, Cabu, Wolinski, Tignous und Honoré, der Ökonom Bernard Maris, die Polizisten Franck Brinsolaro und Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Elsa Cayat, Michel Renaud und Frédéric Boisseau werden getötet.
Sicher, wir kennen die Opfer nicht persönlich. Ihr Tod macht uns nicht traurig, wie uns der Tod von guten Freunden oder Familienangehörigen traurig machen würde. Aber die Tatsache, dass jemand es wagt, auf Menschen zu schie
ßen, allein, weil sie Dinge veröffentlichen, die einigen nicht passen, macht uns traurig und wütend. Weil all dies in unserem Land passiert. Weil diese Tat sich gegen eine Zeitung richtet, obwohl der Journalismus eine seit über zwei Jahrhunderten verteidigte Institution in Frankreich ist.

Am Sonntag, den 11. Januar, gibt es in Paris und anderswo große Versammlungen der Unterstützung, der Wut, des Gedenkens und der nationalen Einigkeit. Zu diesem Zeitpunkt werden wir arbeiten. Denn wir haben die erste Durchlaufprobe von La Guerre ne sera pas longue – Die Gefallenen. Während des Gedenkens an die Opfer der Barbarei, wird der Gründer der Zeitung Humanité in einem Raum der ENS erschossen werden. Eine gute Stunde später wird sich ein Journalist genötigt fühlen, einer Propaganda nach dem Mund zu reden, die er verachtet. Wie uns das tragische Attentat von Mittwoch gezeigt hat, sind Bedrohungen der Meinungs- und Schaffensfreiheit immer präsent – heute wie vor 100 Jahren.

Für uns ist dieses Attentat sehr schlimm. Weil es auch eine Attacke gegen freies, kreatives Schaffen darstellt. Und weil diese Freiheit, genau wie die Presse- und Meinungsfreiheit, eine der fundamentalsten Rechte eines Menschen ist.

Die Fanatiker versuchen, durch Terror zu herrschen. Lassen wir uns nicht einschüchtern! Denn die Angst ist die stärkste Waffe, um Völker zu unterwerfen. Wir sind mit der Freiheit zu denken, zu lachen und zu schreien aufgewachsen. Wir werden uns von Extremisten, welcher Couleur sie auch sein mögen, nicht das Recht auf freies, unabhängiges Denken nehmen lassen.
Wir beteiligen uns am Gedenken an die Opfer der Barbarei. Und weil das Beenden jeglichen kreativen Schaffens der größte aller möglichen Fehler nach einem solchen Ereignis wäre, werden wir wie geplant proben.

Lasst uns aus dieser Probe – und auch aus den Aufführungen – einen Akt des Widerstands gegen alle Versuche der Einschüchterung machen.

Chanson d’étudiants | Studentenlied: Die Gedanken sind frei (traduction : Grandewelt)

Die Gedanken sind frei,
wer kann sie erraten,
sie fliehen vorbei
wie nächtliche Schatten.
Kein Mensch kann sie wissen,
kein Jäger erschießen,
es bleibet dabei:
die Gedanken sind frei.
Les pensées sont libres,
qui peut les deviner,
elles s’envolent au loin
comme les ombres nocturnes.
Nul ne peut les connaître,
nul chasseur les tuer,
c’est une vérité :
les pensées sont libres.
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