L’histoire de… | Die Geschichte des… „aller battre la campagne“

In der Rubrik L’histoire de… | Die Geschichte des… erzählen wir von den gelegentlichen Schwierigkeiten, die Texte unseres Kollektivs in die jeweils andere Muttersprache zu übersetzen. Anne übersetzt La guerre ne sera pas longue – Die Gefallenen ins Deutsche, Alice Steckrübenwinter ins Französische. Heute: „aller battre la campagne“ (LGNSPL-DG, I. Akt, 5. Szene).
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Dans la rubrique Histoire de… | Die Geschichte des… nous racontons les difficultés que nous rencontrons de temps en temps en traduisant les textes de notre collectif d’une langue dans l’autre. Anne traduit La guerre ne sera pas longue – Die Gefallenen en allemand, Alice traduit Steckrübenwinter en français. Aujourd’hui : « aller battre la campagne » (LGNSPL-DG, acte I, scène 5).

Lieutenant         Allons, du courage. Mais qui m’a donné des mauviettes pareilles ? Ah, ils sont beaux, les enfants de la Patrie ! Vous croyez que c’est comme ça qu’on renverra ces foutus boches chez eux ?

Soldat C             Lieutenant, nous on veut bien aller battre la campagne, mais qu’on nous donne de quoi nous protéger de la pluie…

Lieutenant         Kommt schon, Courage. Wer hat mir nur solche Schwächlinge zugeteilt? Sind sie nicht schön, die Kinder des Vaterlands? Glaubt ihr, dass wir die miesen Boches so nach Hause schicken werden?

Soldat C             Lieutenant, wir wollen ja gern –

Ja, was? Die einzelnen Wörter sind schon klar: aller = gehen, battre = (be-)kämpfen, la campagne = das Land, in Sinne von „ländliche Region“ als Gegensatz zur Stadt. Aber „auf dem Land kämpfen gehen“ kann es doch nicht heißen, da müsste nach meinem Sprachgefühl im französischen Satz etwas anderes stehen, z.B. „aller battre à la campagne“. Wenn jemand aufs Land in die Ferien fährt, sagt er oder sie in Frankreich ja auch „je vais à la campagne“. Eine Übersetzung in die Richtung „das Land/die ländlichen Regionen bekämpfen“ ist in diesem Zusammenhang auch nicht sehr sinnvoll – warum sollten Soldaten ihre eigenen Landsleute erschlagen wollen, nur weil diese auf dem Land leben, zumal in einem Weltkrieg, der ganz andere Dimensionen von Kämpfen zu bieten hat?

Bei der Übersetzung dieser Stelle ist mir erst klar geworden, dass ich sie eigentlich gar nicht verstanden habe. Dass es ein besonderer Ausdruck ist, den Alice hier in die Szene geschrieben hat, und den ich bisher immer überlesen habe – die Situation an sich war schließlich klar. Eigentlich haben wir über diese Szene inhaltlich nie viel diskutiert. Sie hat „auf dem Papier“ immer gut „funktioniert“ und bei den Proben war ich selten dabei.

Es half alles nichts, es musste ja irgendwie übersetzt werden. Bei einer der zahlreichen „Übersetzungskonferenzen“ erklärte Alice mir, dass „aller battre la campagne“ für sie synonym für „aller débusquer les ennemis“ bedeutet. Wie wäre es also mit „wir wollen diese Schlacht ja gern schlagen“? Leider sind die Soldaten in dieser Szene aber noch nicht einmal annähernd in der Nähe eines Schlachtfeldes… Einige Internetrecherche und Wörterbuch-Wälzerei später die Erkenntnis: Wir hatten beide einigermaßen vertan. Tatsächlich ist „aller battre la campagne“ eher ein Ausdruck für (endloses) Laufen ggf. auf dem Land. Militärisch findet er auch Verwendung, wenn es um die Erschließung eines Terrains und die Ausspähung feindlicher Posten geht. Aha! Übersetzungsarbeit ist also immer auch Arbeit an der eigenen Sprache, am Wissen über ihre Ausdrücke, Formulierungen und Redewendungen, die hin und wieder einen ganz anderen Sinn haben als gedacht… Letzte, definitive Übersetzung also:

Soldat C             Lieutenant, wir wollen ja gern bis zum Schlachtfeld laufen – wo auch immer das irgendwann ist –, aber man sollte uns wenigstens einen Schutz gegen diesen Regen geben…

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Lieutenant         Allons, du courage. Mais qui m’a donné des mauviettes pareilles ? Ah, ils sont beaux, les enfants de la Patrie ! Vous croyez que c’est comme ça qu’on renverra ces foutus boches chez eux ?

Soldat C             Lieutenant, nous on veut bien aller battre la campagne, mais qu’on nous donne de quoi nous protéger de la pluie…

Lieutenant         Kommt schon, Courage. Wer hat mir nur solche Schwächlinge zugeteilt? Sind sie nicht schön, die Kinder des Vaterlands? Glaubt ihr, dass wir die miesen Boches nach Hause schicken werden?

Soldat C             Lieutenant, wir wollen ja gern –

Oui, quoi ? Les mots sont limpides : aller = gehen, battre = (be-)kämpfen, la campagne = das Land, dans le sens de « à la campagne » en contraste avec la ville. Mais ça ne peut pas signifier « auf dem Land kämpfen gehen » ; d’après ce que je sais de la langue française, il y manquerait une petite préposition pour ça, p.ex. « aller battre à la campagne ». Si quelqu’un « va à la campagne » pour les vacances c’est ce qu’il ou elle dit en tout cas. Une traduction dans le sens de « combattre avec la campagne / les régions rurales » n’a pas beaucoup de sens non plus – pourquoi des soldats irait-ils tuer leurs compatriotes seulement parce qu’ils vivent à la campagne ? Surtout dans une guerre mondiale qui offre toutes autres dimensions de combats ?

Ce n’est qu’en traduisant ce passage que je me suis rendue compte que je ne l’avais pas compris en fait. Qu’Alice a écrit quelque chose dans la scène qui est une expression propre et que je n’avais pas lue pendant la lecture – car la situation était claire. Nous n’avons jamais beaucoup discuté cette scène. Elle a toujours « fonctionné à l’écrit » et je n’assistais pas souvent aux répétitions.

Pourtant il fallait traduire cette scène d’une manière ou d’une autre. Au cours de l’une de nos nombreuses « conférences de traduction », Alice m’expliqua que pour elle « aller battre la campagne » était un synonyme d’« aller débusquer les ennemis ». Que pensez-vous de « wir wollen diese Schlacht ja gern schlagen » alors ? Le problème, c’est que les soldats ne sont même pas en vue d’un champ de bataille dans cette scène… Quelques recherches sur Internet et un peu de feuilletage dans les dictionnaires plus tard nous arrivâmes à la conclusion que nous nous étions trompées toutes les deux. En fait, « aller battre la campagne » désigne plutôt au sens figuré le cheminement sans fil de la pensée. Dans le vocabulaire militaire on l’emploie aussi pour dire qu’on explore un terrain et les postes ennemis. Ah ! Le travail des traductrices se fait donc toujours en parallèle du travail sur sa propre langue, sur les connaissances de ses expressions, formulations et tournures – qui ont une tout autre signification que ce qu’on ne pensait (enfin, de temps en temps)… Notre traduction définitive pour finir :

Soldat C             Lieutenant, wir wollen ja gern bis zum Schlachtfeld laufen – wo auch immer das irgendwann ist –, aber man sollte uns wenigstens einen Schutz gegen diesen Regen geben…

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