Extrait du journal de Paul | Auszug aus Pauls Tagebuch

Lorsqu’on travaille à la mise en scène d’une pièce de théâtre, la troupe produit toujours des récits (plus ou moins sérieux…) autour de l’histoire et de ses personnages. En voici un qui a vu le jour pendant le travail sur La guerre ne sera pas longue – Die Gefallenen.
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Während des Inszenierungsprozesses eines Stücks erfindet eine Schauspieltruppe immer irgendwelche (mehr oder weniger ernst gemeinte…) Erzählungen rund um die Geschichte und ihre Figuren. Hier eine, die während der Arbeit an La guerre ne sera pas longue – Die Gefallenen entstanden ist.

Au cours du travail sur un spectacle, tous les participants, acteurs, metteur en scène, régisseur, se plongent plus ou moins entièrement dans le texte, les personnages et le contexte (historique, dans notre cas). Cela s’est produit lors de la mise en scène de notre première pièce La guerre ne sera pas longue – Die Gefallenen que nous avons déjà porté deux fois sur la scène, avec une distribution légèrement différente. Nous avons écrits quelques textes « supplémentaires », d’autres on été rédigés par les acteurs pour se mettre d’avantage dans la peau de leur personnage. Et c’est finalement grâce à ces discussions pendant le travail sur La guerre ne sera pas longue – Die Gefallenen que nous avons écrit les premières scènes de Steckrübenwinter (L’hiver des rutabagas)

Ci-dessous, nous avons le plaisir de vous présenter un « texte supplémentaire» : un extrait inédit du journal de Paul Lefèbvre. Le jeune lycéen de 17 ans s’engage comme volontaire contre la volonté de ses parents pour suivre son ami et mentor Léon Deffayet. Rapidement, il fait la connaissance de la « vraie » guerre qui n’est pas aussi héroïque qu’il le pensait.

Vendredi 8 décembre 1916

Aujourd’hui, un petit miracle. J’avance difficilement dans la neige mouillée, boueuse. Je traverse les lignes. Une fois de plus. Soudain, un bombardement éclate à quelques mètres à peine. Je me jette à plat ventre dans la neige, je respire lentement, très lentement. La neige forme des petits cristaux qui me rentrent dans les narines. Puis la faim. Je me suis presque assoupi sur ce tapis qui est devenu une flaque. Purée qu’est-ce que j’ai faim ! Je gratte la terre, je cherche à bouffer, n’importe quoi, peu importe. Et là, tu ne me croiras pas petit journal, mais je trouve un petit sapin, tout petit, qui vient de sortir, qui cherche la lumière. Le bombardement continue, et dans le feu des bombes, sous l’orage d’acier, le sapin pousse. Il est si petit, si tendre, si innocent. Il est si petit, si discret, que je l’ai mangé, l’effronté !

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Während eines Inszenierungsprozesses setzen sich alle SchauspielerInnen, Regisseurin und Lichtregisseur unweigerlich intensiv mit dem Text, den Figuren und dem – in unserem Fall historischen – Kontext auseinander. Für unsere Arbeit gilt dies in besonderem Maße für das erste Stück La guerre ne sera pas longue – Die Gefallenen, dass wir schließlich gleich zweimal mit leicht geänderter Besetzung auf die Bühne gebracht haben. So sind rund um die Stücke zum Teil kleine Zusatztexte entstanden, basierend auf den Ideen und Diskussionen zu den Figuren während der Proben. Manche haben wir verfasst, andere haben die SchauspielerInnen zur Vorbereitung auf ihre jeweilige Rolle geschrieben. Nicht zuletzt sind aus den Überlegungen während der ersten Inszenierung von La guerre ne sera pas longue – Die Gefallenen die ersten Szenen von Steckrübenwinter entstanden…

Hier ein Auszug aus einem solchen Zusatztext: ein unveröffentlichter Auszug aus dem Tagebuch von Paul Lefèbvre. Der 17-jährige Gymnasiast meldet sich gegen den Willen seiner Eltern freiwillig zum Kriegsdienst, um seinem Freund und Mentor Léon Deffayet zu folgen. Schnell merkt er allerdings, dass der Krieg in Wahrheit nichts Heldenhaftes an sich hat.

Freitag, 8. Dezember 1916

Ein kleines Wunder heute. Ich komme im nassen, schlammigen Schnee nur schwer voran. Ich überquere die Linien. Schon wieder. Plötzlich ein Bombardement in wenigen Metern Entfernung. Ich schmeiße mich flach auf den Bauch in den Schnee. Ich atme vorsichtig, ganz flach. Der Schnee besteht aus kleinen Kristallen, die mir in die Nase kommen. Dann der Hunger. Ich bin auf diesem Teppich fast eingeschlafen, der eine Pfütze wurde. Verdammt, welchen Hunger ich habe! Ich kratze Erde zusammen, ich suche etwas zu essen, irgendetwas, ganz egal. Und da, du wirst es mir nicht glauben, liebes Tagebuch, aber da finde ich einen kleinen Tannenbaum, ganz klein, gerade gesprossen, der das Licht sucht. Die Bombardierung geht weiter und im Feuer der Bomben, in diesem Gewitter aus Stahl, wächst dieser Tannenbaum. So klein, so zart, so unschuldig. Er ist so klein, so unauffällig, so unschuldig, dass ich den unverschämten Kerl einfach aufgegessen habe!

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